Nos productions 2013
en éducation permanente
En 2013, nous avons réalisé 32 analyses et 2 études.
11 newsletters ont été réalisées, dont 9 concernant les productions liées à notre agréement en éducation permanente, elles sont répertoriées dans la liste qui suit.
- Janvier 2013 – Deux poids, deux mesures dans la découpe sociale
- Février 2013 – Quel développement territorial ?
- Mars 2013 – Magistrature morale et immorale
- Juin 2013 – Appels à projet, appels à rejet
- Octobre 2013 – Education capitale
- Novembre 2013 – Emprise et politique
- Novembre 2013 – Figures et figurations de la cohésion sociale
- Décembre 2013 – Vers une hégémonie des Créatures ?
Les analyses et études sont présentées ici d’après leur parution dans les newsletter, pour celles qui l’ont été. Certaines newsletter ou certains articles ne s’inscrivant pas dans le cadre d’une valorisation en éducation permanente, ils ne sont pas repris dans cette liste ; à l’inverse, certains articles n’étant pas annoncés dans les newsletters, ils sont présentés et mis à la disposition sur demande à l’adresse suivante : .
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Au départ de son parcours, cette analyse pointe les doubles contraintes et la schizophrénie en abyme des législations du chômage et du travail, et leurs conséquences : de plus en plus de contraintes individuelles et de moins en moins de couverture sociale pour les chômeurs.
Qu’est-ce qui, dans les choix qui ont été posés en amont par rapport à la « modernisation » des services publics, a rendu possible ce qui arrive aujourd’hui ? |
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Newsletter « Quel développement territorial ? »
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Cependant, il existe des manières opposées de traduire ces deux objectifs de « désenclavement » et de « coopération » en enjeux stratégiques.
On voit bien que les enjeux et les stratégies ad hoc se concentrent en deux tendances (pouvant partiellement être mixées), et que leur mise en oeuvre effective donnera un tout autre visage, selon l’option choisie, au développement culturel territorial visé.
Cette analyse a été l’occasion de s’interroger sur la définition et l’enjeu de l’action communautaire. |
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Jean Blairon commence par y préciser la notion de dignité en référence aux travaux d’Alain Touraine sur le Sujet. Le droit d’être Sujet, pour Touraine, doit combiner (et non séparer, voire opposer) la participation à l’activité économique et l’exercice des droits culturels, ce qui suppose une interaction permanente avec les autres et avec l’environnement, ainsi que la conscience de la domination subie, domination qui peut être évidente ou plus subtile. L’autoritarisme, l’ignorance, l’isolement, l’assignation à une place non choisie, l’intégration forcée, sont ainsi des facettes de cette domination et des vecteurs puissants de désubjectivation. Les questions stratégiques que pose Jean Blairon sont dès lors liées à ces facettes précises et aux formes qu’elles peuvent prendre. Les travaux de Erving Goffman sur les procédés développés par l’institution totale permettent de mettre en lumière comment ces procédés peuvent trouver à s’incarner et servir la désubjectivation. L’analyse en démontre la portée dans des exemples extrêmes (les camps d’extermination et le libertinage sadien), mais aussi dans des situations moins extrêmes, trop peu perçues et pas nécessairement volontaires, contre les usagers et contre les travailleurs des CPAS. En ce qui concerne ces derniers, c’est la pression du néo-management qui produit l’émergence de ces procédés. Jean Blairon y évoque enfin quelques pistes de résistance.
Les « conseils en communication de crise » donnés à Caterpillar par un professeur d’université, les fictions médiatiques construites de manière pseudo-judiciaire autour de « révélations » et de « fuites » menant à la démission d’un ministre, les commentaires d’un autre professeur d’université sur ce qui « handicape » la Wallonie, autant de « sorties » dignes de véritables libertins de l’économie exerçant sur la chose publique une magistrature immorale ? |
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Que peut-on dire de l’utilité des Services d’Insertion Sociale (SIS), après 10 ans d’existence ? Le capital symbolique de l’insertion sociale est moindre que celui de l’insertion socio-professionnelle, car elle semble moins directement opératoire (on « voit » moins à quoi elle mène qu’une formation professionnelle, même avec un horizon d’emploi très improbable) ; mais en même temps, son action positive semble indéniable. Jean Blairon propose ici quatre questions critiques sur les pratiques dites d’insertion sociale, de manière à préciser les conditions de leur légitimité.
C’est du point de vue des stagiaires eux-mêmes, de la lecture de leur situation réelle, élaborée avec eux, que nous partirons pour poser quelques-unes des questions d’évaluation qui nous paraissent cruciales avant qu’un dispositif décrétal soit définitivement adopté. |
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Dans son intervention, Jean Blairon adopte le point de vue de l’éducation permanente, réflexif et critique. Au départ des travaux de Boltanski, il précise le rôle des institutions publiques : définir ce qu’est la réalité (les besoins d’un secteur, par exemple), et confirmer la réalité de la réalité lorsqu’un doute s’installe (par exemple, vérifier que des procédures établies ont bien été respectées). Les appels à projet ne sont pas seulement une « épreuve » grâce à laquelle les institutions peuvent justifier des choix, des valorisations ou des refus et des sanctions ; il s’agit aussi d’une manière d’instituer une réalité (de distribuer des rôles, de reconnaître ou non une contribution, de construire un type de développement), et ce en s’appuyant sur une « créature », c’est-à-dire une invention de laboratoire qui influe sur le cours des choses. Dès lors, Jean Blairon s’attache à répondre à deux questions : – Quels effets la créature « appel à projet » produit-elle dans la vie des associations ? – Plus largement, quel rôle joue désormais cette créature dans l’institution de la réalité associative ?
La dramatique affaire d’Erezée, où quatre enfants ont subi des maltraitances répétées de la part de leurs parents et d’un oncle durant plus de 10 ans, a donné lieu, à l’occasion du procès en correctionnelle, à beaucoup d’indignation et d’émotion. Alors que l’affaire était mise en délibéré et avant le prononcé des peines, les médias se sont emparés de l’affaire. Les deux grandes émissions dominicales de débat (Mise au point sur la RTBF et Controverse sur RTL-TVI) leur ont consacré leur antenne respective du 2 juin 2013, avec un panel d’invités sensiblement équivalent, et un même thème : comment est-il possible que de tels comportements aient pu durer 10 ans alors que des services sociaux suivaient cette famille ? Qu’ont-ils donc fait ? Avec, dans le chef des deux présentateurs, une réponse à peine subliminale : rien. Les invités ont donc, sur les deux plateaux, été sommés de s’expliquer, sans pouvoir guère expliquer. Cette analyse se penche sur la manière dont le débat a été mené à Mise au point. La RTBF, télévision de service public, a une mission d’éducation permanente. Au travers de ce débat, les auteurs analysent les conditions d’un point de vue d’éducation permanente dans les médias, qui devrait se démarquer d’un point de vue de média privé, ainsi que les épreuves que doit ou devrait affronter un média qui se réfère à l’éducation permanente. |
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La polysémie de la formule choisie comme titre du projet interpelle : on peut y entendre à la fois le caractère essentiel de l’éducation (« l’éducation, c’est capital ») et une prise de distance, produite par la connotation « peine capitale » ( l’éducation s’apparente alors à une condamnation « où il s’agit de la tête ou de la vie » , comme l’énonce Littré). Cette analyse met en avant le double sens du système éducatif et en examine les composantes :
A cela s’ajoutent les relations ambivalentes des autres acteurs de l’éducation à l’école, et la double contrainte qui frappe les institutions scolaires. Ce processus de consultation vise donc à permettre l’expression du vécu des acteurs à propos du double sens du système et de ses effets paradoxaux.
Comment le « double sens » du système éducatif peut-il échapper à la connexion paradoxale d’une logique impérative d’investissement et d’une logique de creusement des inégalités ? Pour répondre à cette question, Jean Blairon s’appuie sur les travaux d’Alain Touraine, qui plaide pour la construction d’une « école du sujet » en lieu et place d’une « école du devoir » ; il tente ici ce que les sociologues de l’acteur-réseau comme Michel Callon appellent un « investissement de forme » : il s’agit somme toute de tenter de rendre saisissable la complexité en la formalisant. Trois principes de refus et trois visées pour une école du Sujet sont ainsi identifiés et développés, ainsi que les changements à l’état pratique qu’ils impliquent.
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La célébration des dix ans de ces AMO a été l’occasion de revenir sur les fondamentaux du travail des AMO en matière de prévention, et sur les nouveaux défis qu’elles sont amenées à relever. Le point de vue envisagé par les organisateurs était les éventuels écarts qui se creusent de nos jours entre les jeunes, la société et les AMO. Nous isolons donc ici quelques questions critiques (au sens étymologique du terme) que les AMO peuvent faire leurs pour se déterminer en tant que service face à ces défis, en restant fidèles à leurs engagements.
Dans une analyse précédente, nous nous interrogions sur la curieuse vogue qui conduisait à imposer à tous les acteurs sociaux et culturels de procéder à des « diagnostics » territoriaux pour fonder leurs actions. Nous voudrions ici réaliser une étude de cas : l’exigence de diagnostic social qui concerne les services d’Aide en Milieu Ouvert (AMO) et qui a fait l’objet d’une récente circulaire qui impose un timing et un modèle de présentation du diagnostic, et « suggère » un processus. Notre analyse porte sur les zones de choix qui s’ouvrent aux acteurs dans la mise en oeuvre de l’attitude diagnostique et sur l’étude des conséquences de ces choix sur l’identité même du travail qui est le leur.
Il y a un peu plus d’un an, nous publiions une analyse intitulée « En haut et en bas » Emprise de l’Etat et positions sociales. Nous y énoncions, exemples à l’appui, que l’on pouvait être frappé des différentiels de logiques et de raisonnements qui guident ou doivent guider l’action de la puissance publique en matière de redistribution des richesses et de régulation des rapports sociaux. L’actualité toute récente nous apporte des exemples frappants qui nous conduisent à étendre notre thèse à l’emprise qu’exercent sur l’Etat certains agents : extrême dans certains cas, nulle dans d’autres, selon, une fois encore, que l’on se situe « en haut ou en bas » de la société. |
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Newsletter« Figures et figurations
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Des services utilisateurs du travail des écrivains publics et des écrivains publics eux-mêmes ont été interrogés à l’occasion de cette évaluation. A l’évidence, le travail des écrivains publics s’inscrit dans une lutte contre la désaffiliation, telle que Robert Castel la définissait. En termes d’enjeux, cela implique que cette lutte devrait :
La tendance à dissocier de plus en plus, au nom de la rationalité, l’action culturelle et l’insertion sociale, a conduit à bien des divorces dans des « couples » autrefois féconds : divorce entre éducation permanente et politiques d’intégration et d’insertion (au sens de Castel), divorce entre insertion et intégration, également. C’est pourquoi cette demande, d’étudier les complémentarités entre action culturelle et insertion sociale au travers du travail des écrivains publics, s’inscrit-elle à contre-courant. Pour aborder son propos, Jean Blaison s’inspire de la figure de l’écrivain public décrite par Crommelynck dans sa pièce Le cocu magnifique. La forme d’auto-tromperie dans laquelle s’enfonce cet écrivain public éclaire en effet les défis que rencontre ce métier : ne pas négliger la dimension collective de l’action au profit des « petites affaires privées » ; ne pas laisser l’action culturelle se vouer à l’emprise de l’aveuglement politique.
Le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP) a organisé en juin 2013 une rencontre avec l’asbl flamande « De link » qui dispense une formation de quatre ans permettant à des personnes qui ont vécu la grande pauvreté de devenir « expert du vécu » et d’être engagées professionnellement dans des administrations ou des associations pour y exercer des fonctions relatives au contact avec les populations très précarisées. Ce qui nous amène à tenter une lecture du problème social concerné, à la suite de Robert Castel et d’Erving Goffman, en termes de désaffiliation et de stigmatisation. Le pari qui est alors fait par de Link est que des personnes qui ont connu ces situations peuvent être d’un apport incontournable pour les métiers du social. Mais cela n’est pas sans ambiguïtés. Gare, notamment, à la stigmatisation positive. Le type de formation délivrée, les fonctions attribuées à ces personnes, les conditions de réussite de ces fonctions, leurs enjeux, autant de points sensibles qu’il convient de réfléchir.
Nous avons été sollicités à propos de la « correction politique » de la question de la cohésion sociale. A la suite de Bourdieu, nous estimons que le politiquement correct correspond à une forme de « responsabilité » définie unilatéralement par ceux qui entretiennent (les responsables politiques) et relaient (les médias) le point de vue dominant. Le politiquement correct est toujours situationnel ; y déroger serait, selon les besoins du moment, nuire gravement au bien commun par pure irresponsabilité, ou au contraire, stimuler une salutaire réflexion. |
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La théorie des « droits culturels » produite par le « groupe de Fribourg » constitue ce que les sociologues de l’acteur réseau appellent une « créatures ». Elle est très présente en Fédération Wallonie-Bruxelles ; par exemple, lors de la troisième journée de l’éducation permanente, le 18 novembre 2013, Patrice Meyer-Bisch, qui anime le groupe de Fribourg, a-t-il fait un exposé sur le thème. Nous souhaitons attirer l’attention sur les effets possibles de l’insertion – et donc, à terme, de l’usage social – de cette créature, dont certaines caractéristiques nous portent à croire qu’elle pourrait mener, même involontairement, à une régression de plus.
La Secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale et à la Lutte contre la Pauvreté vient de prendre l’initiative de lancer un appel à projets intitulé « Les enfants d’abord : plateformes de concertation locales pour la prévention et la détection de la pauvreté infantile ».
Les 5 et 6 décembre derniers, nous avons assisté à deux manifestations d’agents des services publics très différents, certes, mais habituellement tous deux très discrets : les fonctionnaires fédéraux du Ministère des Finances et les personnels des Services de l’aide à la jeunesse (SAJ) et des Services de protection judiciaire (SPJ) de la Fédération Wallonie-Bruxelles. |
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Analyses 2013 – parution tardive
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Jean Blairon a été sollicité pour aborder la souffrance au travail dans la fonction publique. On sait les stéréotypes grossiers dont les fonctionnaires sont victimes, et la déconsidération systématique dont les services publics font l’objet dans les déclarations politiques. Il convient de prendre la mesure des faits de structure dont ces phénomènes constituent la manifestation et de comprendre la réalité du vécu des agents en référence à ces faits structurels. Tout d’abord, le « retournement » trop longtemps inaperçu des révoltes culturelles et sociales des années soixante pour servir les causes qu’elles entendaient combattre a permis l’installation d’une approche managériale de la société. Ensuite, l’introduction massive de porte-à-faux par les adeptes de cette approche déstabilisent les agents et légitiment la poursuite de la Crise du « changement ». Les éléments de l’ordre du discours (malheureusement aveuglant pour beaucoup) sont à l’opposé des éléments de l’ordre des faits, permettant une domination majeure subie par les agents « d’en bas ».
La réflexion à laquelle invite Peuple et Culture est structurée à partir d’une controverse qui oppose deux conceptions de l’éducation permanente : elle ressortirait à la formation professionnelle ou elle obéirait à une logique émancipatrice ; ce faisant, la controverse dispose aussi des logiques relationnelles : d’un côté, nous trouverions un risque d’annexion/instrumentalisation ; de l’autre, se réaffirmerait une indépendance critique.
Alain Touraine considère les droits culturels comme ayant une place centrale dans la production de la société. « Le droit d’être soi, le droit d’avoir des droits », selon ses termes, suppose une traduction en droits politiques ayant une portée universelle, et pas seulement individuelle.
Cette analyse propose une réflexion sur les « retournements » qui menacent les thèmes de la transversalité et des partenariats. Détournement des missions (avec la transversalité négative dénoncée déjà par René Lourau dans les années 60), désarmement de la critique du capitalisme par retournement, contre elle-même, de ses propres arguments au profit dudit capitalisme, retournement des agents qui peuvent promouvoir, sans le vouloir, des orientations et des intérêts inverses de ceux qu’ils poursuivent, autant de menaces que l’évidence imposée de la nécessité du travail en réseau fait peser. Comment dès lors fournir des manières de penser, de dire et de faire qui seraient irréductibles à la « grammaire générale du projet et de l’activité » ? Jean Blairon en propose une version.
Pour répondre à cette question, nous pourrions dire que c’est la relation entre associations, mouvements de résistance et de lutte culturelle et médias qui aurait la capacité (et donc pourrait revendiquer la prérogative) de « faire pénétrer les demandes sociales dans le champ politique », ce qui aurait comme utilité de reconstruire une démocratie qui n’a que trop tendance à fonctionner comme un « marché politique » Dans cette voie, on est conduit à explorer trois questions :
Pour articuler ce couple de concepts (démocratie/résistance), les acteurs peuvent prendre des argumentaires opposés. En prêtant aux syndicats, par exemple, soit le rôle de résistance à ce qui menace la démocratie, soit le rôle de résistance à…la démocratie elle-même, entendue comme libérale. On pourrait voir dans ce type de situation un nouveau mode d’exercice du pouvoir, celui qui passe par la sensure, concept forgé par Bernard Noël, qui le définit par la privation de sens (et non pas seulement de parole).
Pour réfléchir en termes de sens et d’enjeu, il convient d’abord de se départir de « l’école que l’on a dans la tête », c’est-à-dire des effets que l’institution scolaire a produits en nous ; c’est en effet souvent à partir d’eux que l’on réfléchit à l’école. Pour prendre distance par rapport à ce biais analytique, le recours à une matrice théorique extérieure peut être intéressante.
Jean Blairon interroge d’abord le titre de la rencontre, qui manifeste une hésitation entre le volontarisme et le doute. Trois espaces de questionnement peuvent alors être explorés.
L’OEJAJ a initié la réalisation d’une enquête qualitative sur la situation de personnes jeunes (18 à 30 ans) cartographiées comme « NEET », soit des personnes décrites comme ne se trouvant ni à l’emploi, ni dans une filière d’enseignement, ni en formation socio-professionnelle (« not in Employment, Education or Training »). RTA a mené cette recherche auprès de 31 jeunes. L’idée centrale consistait à considérer que ces personnes pouvaient mobiliser une attitude réflexive sur leur situation et leur trajectoire et que cette analyse pouvait mettre à jour des éléments du « flux de la vie » non pris en compte par la réalité telle qu’elle est instituée, notamment par les marchés du travail, de l’enseignement et de la formation – mais aussi du logement- et par les politiques qui contribuent à les produire. Les références de l’équipe de recherche, telles qu’elles ont été avancées explicitement dans notre candidature, se sont articulées autour de la sociologie critique de Pierre Bourdieu, dont l’immense somme publiée sous le titre La Misère du Monde fournit une « matrice tutélaire irrécusable » pour ce genre de recherche, tant sur le fond du travail que sur sa forme. L’étude s’articule autour de 4 grands chapitres.
En avril 2013, le Parti socialiste et l’Institut Emile Vandervelde lançent « Les Citoyens engagés », une opération de réflexion collective en vue des élections de 2014. Au total, plus de 120 questions, réunies dans un site internet et portant sur des enjeux actuels de société, sont soumises à un large débat : de la régulation financière à l’accès au logement, de la mixité dans l’enseignement à la mobilité en ville, du financement de la sécurité sociale à l’encadrement du crédit à la consommation, du soutien à la création d’emplois aux combats féministes du 21e siècle, de l’avenir des services publics au militantisme politique… Les contributeurs à une question donnée ont été sollicités en raison de leur expertise sur le sujet. Jean Blairon a été invité à lancer le débat sur l’évaluation des politiques publiques. La « modernité » semble, aux yeux d’une « majorité » (en fait d’une majorité de techniciens à qui la majorité des politiques n’a que trop tendance à confier le sort de tous), tenir à l’introduction d’une rationalité « neutre » dans la conduite de l’action publique. Jean Blairon adopte le raisonnement de Pierre Bourdieu, pour qui cette rationalité « neutre » constitue en fait une « politique dépolitisée » (une politique qui ne dit pas son nom), au service des dominants. Pour lui, le point de vue progressiste en l’occurrence ne consiste pas à proposer des « méthodes » plutôt que d’autres ; il consiste d’abord à considérer celles-ci (et particulièrement les plus « rationnelles » – ou prétendues telles : cadre logique, analyse des risques, « culture des résultats »…) comme des idées produites (souvent par une domination subie) et productrices (souvent d’une domination accrue). |