Nos productions 2014
en éducation permanente
En 2014, nous avons réalisé 31 analyses et 2 études.
18 newsletters ont été envoyées dont 1 de voeux, 1 dédiée AJ et 16 en vue de la diffusion des productions liées à notre agréement en éducation permanente, ce sont ces dernières qui sont répertoriées dans la liste qui suit.
- Janvier 2014 – Michel Wieviorka – Subjectivation et violence
- Janvier 2014 – Formes de la domination silencieuse
- Mars 2014 – Quel avenir pour les jeunes ?
- Mars 2014 – Autour des logiques d’action
- Avril 2014 – Politiques sociales et jeunesse
- Mai 2014 – Chenaux et hauts-fonds du travail social
- Juin 2014 – Autour des ressources subjectives
- Septembre 2014 – Rentrée des classes (peu) sociales
- Octobre 2014 – Contre-plans pour combattre la domination
- Novembre 2014 – Tombe ou trésor ?
- Novembre 2014 – Co-production de la société
- Novembre 2014 – La construction du Sujet en question
- Décembre 2014 – Vers un front social élargi –
grève mobilisante du 15 décembre
- Décembre 2014 – Politiques sociales et associatif en péril
- Décembre 2014 – Concertation sociale et pétitions de principe
Les analyses et études sont présentées ici d’après leur parution dans les newsletter, pour celles qui l’ont été. Certaines newsletter ou certains articles ne s’inscrivant pas dans le cadre d’une valorisation en éducation permanente, ils ne sont pas repris dans cette liste ; à l’inverse, certains articles n’étant pas annoncés dans les newsletters, du fait de l’attente de leur diffusion par les partenaires en ayant fait demande, ils sont présentés et mis à la disposition dans cette partie du site d’Intermag destiné aux rapports d’exécution de nos missions d’éducation permanente. Pour toute question ou information supplémentaire, veuillez contacter Jacqueline Fastrès à l’adresse suivante : .
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Chaque partie est présentée par une vidéo extraite de l’interview (ainsi que sa retranscription) où Michel Wieviorka illustre par des exemples ses réponses aux questions des chercheurs.
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A cette occasion, nous avons souhaité revenir sur cette question de confiance dans les rapports Etat/associatif. Si le contrôle est nécessaire, quelles sont les conditions pour un exercice de celui-ci, qui soit équitable, non contre-productif ni producteur de mauvaises économies ? Une logique asymétrique prévaut trop souvent dans le contrôle de l’octroi des subventions publiques : soupçon généralisé pour l’associatif, libéralité de confiance pour les entreprises marchandes. Or, la production de ressources subjectives (dont la confiance), centrale dans le développement des sociétés puisqu’elle contribue à en faire des sociétés de semblables, est la visée même de l’associatif. Cette question de la confiance permet aussi de comprendre les enjeux d’autres acteurs, comme dans le cas de la grève que mènent actuellement les SAJ (Services d’aide à la jeunesse) et SPJ (Services de protection judiciaire), eux aussi engagés dans la production de ressources subjectives pour les jeunes et les familles.
Dans celle-ci, nous avons investigué une autre forme de transversalité négative, plus processuelle, où un assujettissement peut se connecter à un autre pour le féconder, l’amplifier et/ou le justifier.
Les différends se multiplient dans les sociétés démocratiques, parce que l’hétérogénéité en est une des caractéristiques, et qu’il n’y a pas de règle universelle de jugement entre des genres hétérogènes. Mais le capitalisme domine la démocratie, et donc monopolise le pôle de légitimité sociétal et impose de facto, quoique sournoisement, ses règles de jugement. Les conséquences en sont insoupçonnables ; en fait, les différends réduisent au silence toute une série de plaignants. Témoigner du différend devient alors un enjeu pour l’associatif.
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Un article d’Alter Echo s’était inquièté de ce que son auteur identifie comme une mise en cause de la participation des familles pauvres à la lutte contre la pauvreté. Le droit d’association et de participation citoyenne des plus pauvres serait de plus en plus menacé. Un des événements qui est mis en avant par ceux qui redoutent un recul de la participation est la décision du Gouvernement wallon d’instituer un Réseau de lutte contre la pauvreté comme interlocuteur, parmi d’autres, des représentants de la population. Cet article porte en filigrane une des controverses courantes autour de la question de la participation citoyenne des personnes en situation de désaffiliation. La controverse porte sur le type de démocratie légitime pour cette participation : démocratie représentative (les points de vue sont relayés par des représentants légitimes), directe (les personnes participent directement aux décisions) ou dialogique (les personnes sont consultées comme expertes de certaines problématiques). D’aucuns estiment que le seul type acceptable est la démocratie directe. Or, les motifs qui ont conduit à la conception du décret instaurant un Réseau de lutte contre la pauvreté insistent sur l’intérêt d’articuler les démocraties représentative et dialogique. La controverse comporte d’autres composantes. Autour de la légitimité de la parole (une dépendance financière de l’association, sous forme de subside, la délégitimise-t-elle comme porte-parole ?). Autour de la relation aux publics (un apport d’aide matérielle de l’association aux bénéficiaires les inféode-t-il ?). Enfin, autour de la conception du pouvoir et des institutions (exclusivement du côté du contrôle, et jamais du côté de la réflexivité ?). Ainsi cette situation pose-t-elle des questions à tous ceux qui participent à la production de la société.
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Le lundi 10 mars, à l’appel de la FGTB, rejointe par d’autres partenaires en Wallonie, et en front commun à Bruxelles, 15.000 personnes manifestaient dans 17 villes du pays pour protester contre un drame social on ne peut plus prévisible. Après nombre de chômeurs complets indemnisés qui ont déjà commencé à être frappés par la dégressivité de leurs allocations, c’est au tour des personnes qui bénéficient des allocations d’insertion, soit celles qui n’ont pas eu l’opportunité de travailler suffisamment pour avoir droit aux chômage complet, d’être touchées : le 1er janvier 2015, en effet, les mesures décidées par le gouvernement fédéral en 2011 seront d’application. La limitation dans le temps des allocations d’insertion est fixée à trois ans, et le compte à rebours a commencé le 1er janvier 2012. Début 2015, ce sont 50.000 personnes qui seront privées d’allocations, dont une majorité en Wallonie. C’est pour réclamer le retrait de cette mesure inique que les manifestants se sont mobilisés. Cette analyse cherche dans le fonctionnement du champ du pouvoir les raisons pour lesquelles un certain nombre d’acteurs politiques continuent à défendre cette mesure, contre toute raison apparente. Qu’est-ce qui, dans ce fonctionnement, contribue à rendre l’Etat parjure, suicidaire, excessivement bureaucratique, et ses serviteurs, en définitive, « désaffiliés par le haut » ?
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La revue Prospective Jeunesse. Drogue, santé, prévention a consacré ses deux derniers numéros à « La participation en question ». Après une livraison (le n°67) centrée sur « l’école, lieu de participation », le second volet de ce tour d’horizon (le n°68) a pour thème « Travail social et participation ». L’auteur annonce ainsi son sujet : « L’association RTA a pour ambition, grâce aux outils vidéo, de donner la parole au public populaire dans une démarche d’éducation permanente. Jean Blairon retrace avec nous les enjeux qui guident leurs projets participatifs. Comment encourager des démarches émancipatrices dans un contexte de dialogue et de confiance ? Comment également ancrer les projets dans la durée et redonner ainsi sens à une certaine idée de la prévention, perçue comme une logique d’action qui puisse transformer l’environnement social et rendre les individus acteurs ? ».
Les auteurs ont choisi de s’arrêter sur un de ces axes de tension, souvent évoqué tant par l’Administration que par le Conseil supérieur de l’Education Permanente, et qui détermine in fine l’éligibilité d’une action pour les associations reconnues dans l’axe 1 : s’agit-il d’une « activité récréative ou de lien social » ou d’une activité « inscrite dans un réel processus d’éducation permanente » ? Cette analyse propose quelques pistes d’objectivation pour tenter d’aller au-delà des évidences faussement partagées autour de ce que peut être un processus d’éducation permanente.
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La loi sur les sanctions administratives communales est entrée en application en janvier 2014. Désormais, les communes sont aux manettes pour décider d’infliger ou non des sanctions administratives à des jeunes à partir de 14 ans, pour des incivilités dont elles définiront elles-mêmes, « démocratiquement », la teneur. Le SDJ de Charleroi a organisé, le 2 avril, une séance d’information-débat sur la question, après avoir pris l’avis de 167 jeunes. Notre intervention s’est attachée à produire une lecture culturelle des SAC. Cette analyse en est la retranscription. Elle s’interroge d’abord sur la raison de l’étrange glissement sémantique opéré dans la loi : pourquoi « dérangement public », qui prévalait dans l’ancien texte, est-il devenu « incivilité » ? Et que peut-on mettre, culturellement,derrière ce terme ? Au départ des travaux d’Erving Goffman sur la notion de territoire, nous montrons comment l’apprentissage de la grammaire territoriale dans l’espace public est de plus en plus dénié aux jeunes, au nom de la responsabilisation.
L’article de Jean Blairon part du constat que les détournements de fonction des infrastructures urbaines par les jeunes (comme utiliser un monument en guise de banc), vécues depuis toujours comme des appropriations collectives socialisantes, sont de plus en plus pourchassés. Trois niveaux de traduction ce ces situations en « problèmes politiques » sont examinés.
Le 19 décembre 2013, le CAAJ de Namur jetait un regard rétrospectif sur six années de mandat en prévention. A cette occasion, il nous était demandé de faire le point sur la notion de prévention dans le secteur de l’aide à la jeunesse. Cette analyse brosse le paysage de l’évolution du concept et de ses incarnations successives dans les plans de prévention des CAAJ, avant de faire le point sur les enjeux de prévention pour les nouveaux CAAJ après la modification du décret.
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Le terme « Roms », qui désigne des populations variées disséminées sur le territoire européen, est une catégorisation relativement récente, liée à la politique européenne. Elle a notamment pour effet de donner à ces populations une visibilité accrue, notamment médiatique, qui n’échappe pas aux stéréotypes hérités du passé. Derrière cette catégorisation, et la colorant de manière quasi indélébile, il y a la stigmatisation. Le stigmate, bien défini par Goffman, a pour effet de retrancher les personnes qui en sont frappées du monde des « normaux » et affecte leurs droits vis-à-vis de ceux qui ne sont désormais plus leurs semblables. Marqueur identitaire ancré dans les mentalités depuis des siècles, la stigmatisation des Roms a appelé des réponses politiques diverses, voire radicalement opposées, mais toutes profondément marquées par la force du stigmate. Les politiques européennes à l’égard des Roms, pourtant tournées vers l’inclusion de ces populations, n’échappent pas à cette emprise. Nous en pointons les influences peu perçues et les écueils invisibles qu’il conviendra de contourner.
Le 22 avril 2014, la CSC Namur-Dinant organisait pour ses permanents et son personnel administratif une rencontre sur le thème des préjugés subis par les demandeurs d’emploi. Jean Blairon y a été invité à intervenir. Cette analyse est la retranscription de son intervention. Au départ de situations de terrain, Jean Blairon tente une approche pratique et exemplifiée des usages sociaux des préjugés à l’encontre des personnes privées d’emploi (c’est-à-dire d’un droit fondamental), ce qui lui permet de mettre en lumière les composantes de ces préjugés. Véritables violences invisibles, les préjugés ne peuvent être combattus qu’en travaillant sur des « constellations » de sens qui circulent dans le corps social et y alimentent la violence symbolique en la justifiant. Il identifie quatre de ces constellations de sens (la désactivation, l’abus, la désocialisation, la violence) qui frappent dans les situations de non emploi, et qui frappent d’autant plus qu’elles trouvent des relais auprès de bien des responsables politiques et d’une partie de la population.
Le 18 février 2014, la Direction générale de l’aide à la jeunesse organisait un séminaire sur la question de la déontologie du travail social. Lucien Nouwynck, Procureur général près la Cour d’appel de Bruxelles et Michel Noël, Directeur général adjoint expert de l’aide à la jeunesse ont procédé à une mise en lumière du sens du cadre légal et à une analyse critique de quelques points de controverse à la lumière de celui-ci. Ces deux contributions nous ont paru décisives et, à ce titre, nous ont inspiré quelques questionnements complémentaires que nous voudrions placer sous ce point de vue directeur : la déontologie dans le travail social est-elle aussi un enjeu de société ? En d’autres termes, son respect est-il aussi lié à une manière de produire la société au quotidien ? A ce titre, s’agit-il d’une question éminemment politique ?
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On en constate en tout cas le poids dans le monde du travail, où l’exploitation accrue passe par une mobilisation plus contrainte des ressources subjectives (l’adhésion, l’engagement, la mobilisation, valeurs brandies par les managers qui ne les respectent pas eux-mêmes), et par une désubjectivation des individus et surtout des groupes, afin d’assurer une auto-exploitation. La désubjectivation frappe aussi ceux qui sont privés d’emploi, à qui les politiques sociales dénient les ressources subjectives comme la recherche de l’utilité sociale, la créativité, la solidarité, tout en les contraignant à une activation unilatérale. Mais l’engrenage de la désubjectivation entraîne aussi les travailleurs sociaux qui tentent d’aider les personnes : ils sont pris dans la double contrainte du contrôle et de l’aide.
Cette analyse illustre l’écart qui peut exister entre des intentions politiques et leur mise en œuvre effective, et même se creuser d’autant plus insidieusement que des dispositifs législatifs semblent devoir aplanir les difficultés. En effet, si la transversalité est prônée tous azimuts, elle n’est guère facilitée sur le terrain. Par exemple, les partenariats entre l’aide à la jeunesse et l’enseignement, bien nécessaires aux yeux de tous, se trouvent désormais inscrits dans un nouveau décret qui entrera en vigueur à la rentrée 2014 ; on peut s’en réjouir. Cependant, sur le terrain, les contraintes réciproques des deux secteurs peuvent entraver les projets qui se voudraient innovants et le patient travail de connexion qui tente de se tisser. Une étude cas avec le projet Akkro Fun School à Dinant.
La nouvelle mouture du décret de l’aide à la jeunesse prévoit, en son article 50quinquies, un nouveau dispositif qui prendra cours en janvier 2015 ; tous les services du secteur, qu’ils soient privés agréés ou publics, organiseront de manière continue la participation des bénéficiaires, qui devront pouvoir donner librement leur avis et être écoutés quant à la manière dont ils perçoivent l’intervention dont ils bénéficient et les effets qu’elle produit. Organiser cette participation ne va pas aller de soi. Jérôme Petit interroge quatre dimensions structurantes de la mise en place de cette participation :
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Le Relais Social Urbain de Tournai a mené une enquête auprès de travailleurs sociaux tournaisiens et de bénéficiaires d’un abri de nuit et d’un accueil de jour, tous deux fermés après le plan grand froid 2013-2014. L’objectif était d’éclairer la réflexion du réseau de services sociaux autour de l’éventuelle pérennisation de ce type de service : est-elle pertinente, sous quelle forme, à quel moment et avec quelles priorités, avec quelles synergies ? Les questionnaires comportaient de nombreuses questions ouvertes permettant aux répondants d’affiner leur avis. Nous voudrions ici nous baser sur ces réponses et spécialement sur celles des bénéficiaires, pour la plupart, hélas, durablement à la rue. En filigrane de leurs propos, nous ne pouvons que lire les ravages de ce que Robert Castel a qualifié de processus de désaffiliation ; mais nous y lisons aussi des indices de ce qui permet de l’enrayer.
Malgré des plaidoyers répétés en ce sens, la gratuité de l’enseignement obligatoire reste un mythe. Dans nombre d’écoles, les coûts s’additionnent, jetant des familles dans des difficultés financières d’autant plus difficiles à assumer qu’elles ne sont pas sans effets culturels et sociaux importants. Au départ d’exemples concrets, Jean Blairon explore les éléments discursifs qui alimentent la pente inéluctable de ces pratiques : l’argumentation déployée par une institution scolaire pour justifier ces coûts injustifiables, la récupération par la grande distribution du désarroi des parents à travers la publicité, les discours d’experts sur le choix de « la » bonne école relayée dans la presse hebdomadaire. |
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Le 10 septembre 2014, à l’occasion de la journée mondiale de prévention du suicide, le Centre de Prévention du Suicide organisait un colloque fort explicitement intitulé « Le travail m’a tuer » ; comme dans la célèbre affaire Omar Raddad et avec la même faute grammaticale, la phrase, en lettre de sang sur le mur d’un bureau, accuse le labeur meurtrier. Invité à intervenir dans cette journée, Jean Blairon tente d’abord d’éclaircir le paysage de la « souffrance au travail », qui semble avoir éclipsé celui de la domination et de l’aliénation. Il s’appuie sur les travaux sur le harcèlement moral de Jean-Pierre Le Goff, qui considère cette notion comme ambiguë, poussant à une psychologisation excessive et à la victimisation des rapports au travail. La question de la souffrance au travail, pour grave et délicate qu’elle soit, serait en quelque sorte mal posée. Notamment parce qu’elle ne tient pas compte des retournements que le capitalisme a habilement fait subir aux luttes des années 60, et se présentant comme la solution au problème alors qu’il était le problème, ce qui mène à une désubjectivation des individus. Jean Blairon en explicite les mécanismes, avant de proposer des cadrages pour « sortir du brouillard » et mieux débusquer ces nouveaux facteurs de domination.
Le 23 septembre dernier, Nico Cué, secrétaire général des Métallos de Wallonie et Bruxelles (FGTB) en appelait au micro de Matin Première à la constitution d’un front social élargi, non seulement à l’ensemble des syndicats, mais aussi au monde associatif. Quelles pourraient être les raisons et les conditions d’un pareil élargissement du front social ? Christine Mahy et Jean Blairon, qui l’appellent de leurs vœux, y lisent un héritage des combats de la Commune de Paris et une commune visée, du côté des syndicats et des associations, de ce que devrait être l’Etat. Ils identifient également un enjeu central qui pourrait être celui d’un nouveau mouvement social, et constatent que les conditions sont réunies pour dépasser les clivages du passé.
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Des intervenants sociaux et acteurs de terrain travaillant avec des populations Roms à Bruxelles, à des degrés divers et avec des missions variées, se sont rassemblés le 2 octobre 2014, à l’invitation de l’asbl « Lutte contre l’exclusion sociale à Molenbeek », pour réfléchir à diverses expériences et analyses de terrain. A la suite de ces échanges, nous tentons ici de pointer quelques enjeux du travail social avec des populations Roms, en nous appuyant pour ce faire sur les constats des intervenants et sur nos propres recherches. Nous mobiliserons également quatre grands auteurs, sociologues, anthropologues, philosophes : Robert Castel, Robert K. Thomas, Erving Goffman et Jean-François Lyotard.
L’opération Viva for Life, lancée en décembre 2013 par VivaCité en faveur des jeunes enfants vivant sous le seuil de pauvreté, connaîtra sa seconde édition cet hiver 2014, avec le même principe de couverture médiatique, le même dispositif du studio de verre et le même trio d’animateurs. Si la première édition a connu un succès qualifié de phénoménal, au point qu’elle se pérennise de la sorte, cette opération pose néanmoins question, et nous voudrions ici examiner les composantes, partiellement ambiguës à nos yeux, de ce succès, à partir de divers éléments liés à la posture médiatique choisie.
En écho à une interview de Nico Cué sur Martin Première, nous avons dit (dans l’analyse n°20, Vers un front social beaucoup plus large ?) combien nous partagions son point de vue sur la nécessité de construire un front social élargi, sur base d’une alliance entre syndicats et associations. La journée du 17 octobre, co-organisée avec la CSC et la FGTB wallonnes, peut être considérée comme un premier pas réussi en ce sens. Quelque 3000 personnes en tout cas, mobilisées pour manifester leur rejet de la fatalité de la pauvreté l’ont manifesté. Les discours de Thierry Bodson et de Marc Becker, qui ont clôturé la manifestation, l’ont redit avec force. Après ce premier succès, il doit y en avoir d’autres : les associations, par exemple, devraient se joindre aux manifestations organisées par le front commun syndical à partir du 6 novembre et s’associer à la grève générale du 15 décembre. Il faudrait considérer ces rendez-vous comme des expérimentations pratiques, qui ont une importance considérable : elles constituent des expériences communes et invitent tous les acteurs à échanger sur le pourquoi et le comment d’un tel front élargi. C’est dire qu’un recul réflexif est fondamental pour ces initiatives, qu’elles soient réussies ou plus difficiles, si l’on veut dépasser des alliances circonstancielles. Nous voudrions y contribuer dans ces lignes.
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Le décret de l’éducation permanente de 2003 donne une place privilégiée à la participation des publics dans la poursuite de ses objectifs. En matière de production d’analyses et d’études critiques, cette participation peut concerner différents niveaux du travail : elle peut en être la visée, le moyen ou encore l’objet même. Il s’agit avant tout de donner une représentation à des questions neuves dans la société, ce qui implique de favoriser un recul réflexif et critique sur cette société et notamment sur le travail de ses institutions – soit, selon Boltanski, les constructions sociales qui ont le rôle incontournable de dire ce qu’est la réalité légitime et d’instituer les épreuves nécessaires pour l’atteindre. Trois enjeux d’homologie sont ici explorés. Ils trouvent dans la restitution aux personnes concernées une (ou des) formes d’épreuves qui sont autant de défis pour l’éducation permanente.
Ce texte constitue le développement d’une intervention réalisée le 23 juin 2014 dans le cadre d’un séminaire d’échanges de pratiques et d’expériences sur la question du partenariat, notamment dans le cadre du développement de la lecture publique ; nous étions invité à réfléchir au « sens » du partenariat socio-culturel. Si le travail en partenariat ou en réseau semble incontournable, il n’est pas exempt de danger. Nous entreprenons de déconstruire la notion de partenariat et de mettre en lumière ce qu’elle peut emprunter, par exemple, au champ économique, afin d’identifier les biais à éviter et les leviers possibles. Bien au-delà de la production de projets, la manière de nouer des partenariats peut contribuer à produire une forme de société, dans un sens négatif ou dans un sens positif.
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Le 21 novembre, le CIEP organisait une journée intitulée « Au(x) sujet(s) des droits culturels ». Jean Blairon était chargé d’y construire une intervention critique sur ce thème des droits culturels. Il part pour ce faire d’un article de P. Meyer-Bisch, « Le droit de participer à la vie culturelle, premier facteur de de liberté et d’inclusion sociale ». Pour Jean Blairon, il n’y a pas plus de concept pur que d’art pur : l’art se construit par rapport à des références, et les concepts de même – même le concept vertueux des droits culturels. Et de même la critique. Aussi développe-t-il ici les références sur lesquelles il appuie sa critique de ce concept en particulier. S’appuyant sur ces références, il met en lumière que le concept des droits culturels peut faire l’objet de deux traductions en conflit, qu’il développe point par point. Ces traductions en concurrence ne constituent pas de simples nuances théoriques. Elles constituent des énoncés qui sont susceptibles de faire entrer le concept « droits culturels » dans des chaînes de traduction fort différentes, aux conséquence sociétales fort dissemblables.
L’annonce, en septembre 2013, de l’interdiction des concours de mini-miss en France pour les moins de 16 ans a fait couler beaucoup d’encre, y compris en Belgique ; une des craintes exprimées était que ces concours, très populaires, se déplacent du côté belge de la frontière pour contourner l’interdiction. Dans les levées de boucliers qui se firent jour à cette occasion, l’élément récurrent reproché à ces concours était l’hypersexualisation des enfants, nuisible à leur développement harmonieux. Le concept d’hypersexualisation a donné lieu à des interprétations différentes ; Yapaka avait, dans un ouvrage de sa collection Temps d’arrêt auquel nous avons été invités à participer, tenté de mieux le cerner et le comprendre. C’est par une immersion dans le public des concours de mini-miss et misters, par des rencontres avec des organisateurs, et par des entretiens avec les jeunes concourant ainsi qu’avec leurs familles, que nous avons voulu compléter notre approche, afin de mieux appréhender les motivations des uns et des autres. Nous avons dès lors laissé dans cette étude une large place à ces observations et à ces écoutes. En écoutant les acteurs, c’est l’hypothèse d’une nouvelle transversalité négative qui se confirme. Plan de l’étude :
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Newsletter « Politiques sociales et associatif en péril »
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A l’occasion de ses 10 ans, la Coordination de l’Action Sociale de Schaerbeek (CASS) organisait, le 5 décembre 2014, un colloque dont le thème était « Construire ensemble l’action sociale dans un monde en crise ». Jean Blairon y était invité à présenter une analyse des politiques sociales et de leurs conséquences. Se fondant sur plusieurs recherches menées par RTA, il constate qu’une forme de dérive missionnaire s’est installée dans le travail social en général, insidieusement car elle est le fruit d’un double retournement : le premier est le retournement, par le capitalisme, des victoires culturelles de mai 68 ; le second est la relégation des acteurs comme les syndicats, porteurs des revendications plus sociales, mais aussi plus globalement de tous les acteurs collectifs, l’Etat en tête, dans le rôle du boulet poussiéreux, rigide, autoritaire et retardataire. Ce n’est que dans les années 90 que les effets de ce double retournement, déjà bien installés, seront clairement perçus. Y compris dans le travail social. Comment alors s’organiser pour retourner le retournement ?
Et si cela n’arrivait pas qu’aux autres ? Depuis 2010, nous avons régulièrement entendu parler de la Grèce et de la terrible politique d’austérité exigée par la Troïka (FMI, BCE et CE). Cette situation catastrophique a fait l’objet d’analyses sur le plan économique ; nous souhaitons ici envisager le volet plus social, et spécialement associatif, avec le point de vue d’une travailleuse sociale, Maria Apostolou, qui a été active pendant près de 30 ans dans le domaine du handicap notamment, dans un service d’accompagnement. Elle nous décrit ce que Loïc Wacquant avait qualifié, il y a plus de 20 ans, d’« utopie à l’envers », soit une forme de progrès négatif, en pointant les ingrédients de la recette : une « politique néo-libérale d’abaissement du secteur public » et une « mercantilisation rampante des rapports sociaux », bel et bien à l’action en Grèce. Quels en sont les effets pour l’associatif ? |
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Le 9 décembre, alors que les actions syndicales et associatives se multipliaient pour combattre les choix politiques du gouvernement fédéral, Bernard Delvaux, patron de la Sonaca, présentait au micro de Matin Première sa vision de ce qui devrait inévitablement faire consensus pour combattre la crise. Pour chacune de ces affirmations, Jean Blairon pose au patron de la Sonaca autant de questions sur ce qu’impliquerait leur adoption ; cette adoption est-elle d’ailleurs dans l’intérêt bien compris de ceux qui, comme Bernard Delvaux, en appellent à une réindustrialisation comme solution à la « crise » ?
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Analyses produites en 2014
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S’il est temps d’unir les forces, c’est que l’adversaire est particulièrement coriace. Dans cette analyse, l’héritage communaliste est précisé, et les écueils que le monde associatif doit affronter sont approfondis. Les dégâts causés par le « nouvel esprit du capitalisme » tel que Boltanski et Chiapello l’ont décrit se nourrissent d’habiles retournements, qui trouvent leur aboutissement dans le monde du projet, et qui sont autant de violences symboliques pour l’associatif ; le neo-management, arme fatale du capitalisme, s’insinue de plus en plus dans des secteurs pour lesquels il n’est nullement approprié (comme l’associatif, mais aussi les services publics). Pour autant, la résistance est possible. Cette analyse a été réalisée à la demande du MIAS (Master en Ingéniérie Sociale, HelHa) ; elle constitue une suite à celle que Jean Blairon avait produite en 2013 La réalité des appels à projet, une analyse institutionnelle, http://www.intermag.be/analyses-et-etudes/lien-champ-associatif-institutions/400-la-lrealiter-des-appels-a-projet-une-analyse-institutionnelle.
Ces propos constituent la retranscription de notre intervention lors du colloque du 26 septembre que l’association Abaka avait organisé à l’occasion de ses dix ans d’activité. Nous avions été invité à proposer une « conclusion » à la fin d’une matinée de réflexion pendant laquelle les professionnels de l’association ont exposé et expliqué leurs pratiques de diverses manières : scénique et conceptuelle. Une contre-épreuve était fournie par des interviews de jeunes ayant bénéficié de ces interventions ; les interviews ont été réalisées en toute indépendance par l’équipe de RTA. Enfin, des experts ont été invités à commenter et à interroger les pratiques exposées : Jean-Vincent Couck, Alice Jaspart, Antoine Masson, Younes Mersini, Amaury de Terwagne, Michel Thiry et Isabelle Verhaegen ; le panel était animé par David Lallemand. Notre intervention suivait les leurs. Nous avons ajouté à cette retranscription quelques développements ou citations que la logique d’une « conclusion » empêchait de produire. |
