Dans une analyse antérieure, Jean Blairon proposait une réflexion sur l’adversaire que les acteurs du contre-pouvoir doivent pouvoir identifier pour le combattre. Il s’appuyait pour ce faire sur le dernier ouvrage de Touraine, Après la crise, et montrait qu’il n’y avait plus consensus sur cet adversaire, ce qui a bien entendu des répercussions sur les mouvements sociaux, anciens ou émergents, qui ne savent plus « à quel adversaire se vouer ».
Cette nouvelle analyse illustre de manière très concrète ce débat. Le Cepag (Centre populaire André Genot) avait en effet pris l’inititative d’inviter des militants, des associations, des chercheurs, pour prendre collectivement la mesure des dangers que fait courir à nos droits sociaux le projet, des plus discrets, de marché transatlantique qui unirait l’Europe aux Etats-Unis, et pour mettre en place une plate-forme d’opposition (voir le site dédié à cette plate-forme : www.no-transat.be). C’est dans le débat qui s’en est suivi qu’une militante, inquiète des arguments de certains, a posé la question dont nous avons fait le titre de cette analyse.