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LES SERVICES RÉSIDENTIELS AU MOMENT DU CONFINEMENT :
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IntroductionNous vivons, depuis la mi-mars, un contexte qui a ceci de particulier que nous n’y sommes ni préparés, ni habitués. De plus, un sentiment de peur traverse ce contexte, et cela modifie sans doute les actions, réactions et solutions produites, de façon différente par chacune et chacun en situation de peur, à tout le moins d’inconnu. Dans ce contexte, il nous a paru nécessaire de pratiquer un recul réflexif sur la situation que nous vivions pour essayer d’en tirer des enseignements sur le présent et pour le futur.
SRG : les paradoxes du confinement
Compte tenu de ce que demande un confinement sanitaire (pas d’interactions sociales) et de ce qu’est un SRG au niveau de son modèle organisationnel (succession d’intervenants qui se croisent pour garantir un encadrement permanent), les SRG ont dû, apprenant la mesure de confinement, redoubler de créativité pour imaginer des solutions pour permettre aux jeunes, familles, équipes, de participer activement à ce confinement solidaire.
Pour l’Aubépine, concrètement, nous avons été informés via le réseau de notre fédération, dès le lundi 16 mars, de la grande probabilité de confinement sanitaire à prévoir au maximum le 18 mars. Nous avons pu prendre avec l’équipe 2 journées (16 et 17 mars 2020) pour questionner pour chaque jeune, avec sa famille, son réseau et son mandant, les possibilités les moins mauvaises sur un plan sanitaire, possibilités qui devaient être d’office adaptées au jeune et à ses besoins sur le plan pédagogique et se trouver en adéquation avec la mesure d’aide.
Durant ces journées précédant le confinement, le secteur s’est questionné, ré-invitant à la créativité d’une part, garantissant la prise en compte des besoins particuliers des équipes d’hébergement d’autre part. A renfort de circulaires, nous avons reçu des indications redisant aussi ce que nous savons, ce à quoi nous croyons : la garantie de l’intérêt de l’enfant.
Une grille de lecture
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15 Jeunes en confinements externes différenciés |
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15 jeunes confinés au sein du SRG |
Compte tenu de la façon dont nous entendons la mesure de confinement sanitaire (précisée ci-dessus) comme la limitation la plus stricte possible des interactions sociales, il apparaît que les équipes, sur le plan sanitaire, ont souhaité favoriser (comme dit dans les circulaires ministérielles relatives aux « sorties de jeunes »2) le pôle vert, quand il était possible à activer. Mais il faut tenir compte aussi, nous semble-t-il, de deux autres pôles en tension.
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La participation impossible |
Compte tenu de la façon dont nous (SRG) envisageons notre travail comme un outil de lutte contre les exclusions et difficultés pour les jeunes, il apparaît que les équipes, toujours, crise ou pas, favorisent le pôle vert (dans la ligne décrétale à laquelle ils souscrivent).
- D. Balises pour évaluer les situations et en réaliser un suivi dynamique
Ces balises peuvent servir pour « structurer » l’état des lieux des solutions mises en œuvre, par les SRG, pour participer au confinement solidaire, pour les jeunes, leurs familles, et les équipes :
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Risque |
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risque de propagation du virus pour le jeune, vers un jeune, pour l’équipe, pour les familiers des membres de l’équipe… ce risque est dû aux nécessaires interactions entre équipes. |
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Intérêt |
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solution de confinement permettant au jeune, à sa famille, aux équipes, le respect le plus complet possible des limites aux interactions sociales. |
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Intérêt pédagogique/ |
= |
étape, bien qu’inédite et imprévue, faisant partie du processus du jeune, de son chemin, en plein accord avec son avis, sa famille, son mandant. La solution de confinement apparaît comme une opportunité d’expérimenter une solution quoi qu’il en soit inédite, mais qui prend place dans un cadre et un processus qui le rend possible pour son intérêt et ses projets. |
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Difficulté pédagogique/ |
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la solution externe ou interne de confinement n’aide pas le jeune, sur le plan de son processus de soins, de son chemin de vie. |
- E. 4 zones de possibles, mises en place par les SRG, pendant cette période de confinement
A partir de ces balises, nous pouvons distinguer des possibles différents selon les situations.
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- Les jeunes sont hors du SRG, une situation de confinement sanitaire est possible et pédagogiquement elle semble être la moins mauvaise possible pour les jeunes, leur famille, les équipes.
Des tactiques « nouvelles » sont mises en place dans cette configuration : liens téléphoniques, contacts vidéos, acheminement de vivres désinfectées, etc… - Les jeunes sont hors du SRG , situation de confinement sanitaire possible mais des difficultés sont possibles sur le plan pédagogique pour le jeune.
Ce champ-là est plutôt subi par le service que choisi. Il peut s’accompagner de fugues, d’un décrochage du jeune avec l’équipe en période de confinement… - Les jeunes sont confinés dans le SRG, confinement sanitaire limité vu les interactions de l’équipe avec l’extérieur, et ce n’est pas la solution la plus adéquate possible sur le plan de l’intérêt du jeune (thérapeutique, vie en groupe, confinement dans un lieu qui essaie d’être un lieu ouvert pour le jeune…).
Des tactiques « nouvelles » accompagnent ce possible : vu que c’est la seule solution pour le jeune, cette solution est vécue « au mieux qu’on peut » pour le jeune et pour les équipes :- Passage en mode camp pour limiter les interactions entre équipe jour-nuit.
- Prestation prolongées/limitées.
- Renforts d’autres équipes si équipes malades.
- Augmentation drastique des mesures d’hygiène, etc.
- Les jeunes sont confinés « en alternance » en famille et en SRG (ce qui est d’emblée une limite sanitaire), donc en limitant les échanges famille-SRG.
Les tactiques « nouvelles » suivantes sont requises : une première partie de confinement en famille, puis retour au SRG, avec échange le plus franc possible entre la famille et le SRG sur l’état des symptômes éventuels pour le jeune, la famille ; ensuite, des confinements « temporaires » en SRG (quelques heures sans rentrer dans la zone SRG confinée pour les jeunes qui y sont, ce qui implique des lieux, à l’intérieur du SRG, clairement différenciés), afin de pouvoir ensuite repartir en confinement familial sans le mettre à mal, ni mettre à mal le confinement institutionnel.
- Les jeunes sont hors du SRG, une situation de confinement sanitaire est possible et pédagogiquement elle semble être la moins mauvaise possible pour les jeunes, leur famille, les équipes.
- F. Voici comment nous pourrions proposer de répartir les réactions créatives et solidaires des SRG, dans cette urgence sanitaire, autour de ces 4 zones.
- G. L’exercice de l’évaluation
On peut alors placer les jeunes dans le graphique, en utilisant un point par jeune. Nous avons choisi d’utiliser des couleurs différentes de points.

En répartissant de la sorte les jeunes de l’institution dans la structure croisée, en les figurant par des points numérotés avec le code couleur ad hoc, et en actualisant le tableau, on peut suivre le parcours de chaque jeune au cours du confinement.
Il est possible également de raffiner l’encodage en spécifiant le type d’accompagnement proposé à l’égard de chaque jeune.
A titre conservatoire et sans préjudice d’autres interventions possibles, voici quelques possibilités de codes
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Notes de la première partie 1- Circulaire ministérielle du 18 mars 2020, relative aux mesures temporaires suite à la pandémie de Coronavirus, adressée aux Conseillers et Conseillères de l’aide à la jeunesse et à leurs adjoints, aux Directeurs et Directrices de la protection de la jeunesse et à leurs adjoints, aux Juges de la jeunesse de Bruxelles. |

